HGS: Elle ne mérite pas tout ce tollé

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Il ne mérite pas tout ce tollé. L’historien Iba Der Thiam, un symbole, est à protéger. En acceptant de chapeauter le projet d’écriture de l’Histoire générale du Sénégal, le Professeur agrégé d’Histoire a mis ses compétences au service de l’intérêt général, mais il n’a pas été soutenu suffisamment. Ni par l’État, ni par ces Sénégalais qui le vouent aux hégémonies dans les médias. Les mêmes qui avaient décliné l’invitation, appelés étaient-ils, à apporter leurs contributions à ce projet de réécriture de notre histoire.

En effet, entreprendre et réussir un projet d’écriture de cette envergure nécessite toute la logistique de l’État et l’intelligentsia de l’État. Cela passe par la mise à contribution des professeurs d’histoire-géographie, des professeurs d’universités qui devraient chapeauter les différents comités à mettre en place. Au-delà d’un soutien resté modeste, l’État devrait s’approprier le projet et mettre les médias publics à la disposition du comité de rédaction dans le but d’en vulgariser les différentes étapes. Il n’est jamais trop tard. C’est relater une lapalissade que de dire que l’équipe chapeautée par Iba Der Thiam manque de tout. Alors qu’elle devrait compter en son sein, un comité de recherche, des comités de restitution répartis en sous-comités et des comités de validation. Car réaliser un travail aussi titanesque nécessite une bonne organisation en amont et en aval : ateliers de restitution, séminaires, déplacements sur les lieux jusque dans les confins du pays, pour réussir un bon maillage du territoire national. En somme, un budget conséquent et non des miettes. Et c’est cette quasi-indifférence de l’État qui a fait qu’aujourd’hui, les publications du comité de rédaction sont limitées, au point d’occulter des pans de l’histoire qui manquent d’être restitués objectivement; sous le feu des critiques parce que pas suffisamment documentées et/ou recoupées. Les critiques fusent de partout et cela n’est guère surprenant. Est-il le lieu de déplorer que ceux qui critiquent pour la plupart, n’ont pas répondu à l’appel à contributions lancé par le comité de rédaction…

Un des maîtres d’œuvre de l’Histoire de l’humanité commandité par l’Unesco, également membre du comité scientifique de l’Unesco chargé de rédiger l’Histoire générale de l’Afrique, entre 1964 et 1999, Iba Der Thiam n’est pas n’importe qui. L’historien a sans doute voulu laisser un héritage au Sénégal, aux Sénégalais, en coordonnant la rédaction de HGS « avec les moyens du bord », là où l’État avait la responsabilité historique de prendre en charge le projet en toute objectivité, avec la mise en place dans chaque département, de comités chapeautés par les préfets. Eux aussi appuyés par les mass médias pour informer les populations. Parce que, Iba Der, à lui tout seul, ne peut pas tout lire ni tout corriger. Ferait-il confiance à son équipe composée de bénévoles, ces derniers ne disposeraient que des frais logistiques. Inutile donc d’exiger des résultats exempts de toute critique de quelqu’un à qui on n’a pas donné les moyens. Tout pour dire, qu’écrire l’Histoire Générale du Sénégal des origines à nos jours, ne peut se faire avec de la charité, mais doit être adossé à un budget de plusieurs milliards de nos francs, pour donner au projet un caractère scientifique, une œuvre plus ou moins exhaustive qui fédère plus qu’il ne divise comme c’est le cas aujourd’hui.

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